Stressé? Conseils pour réagir à temps

La rentrée est souvent l’occasion de remanier des priorités pour concilier bien-être et performance, équilibre vie professionnelle/ vie privée. Les congés permettent de se ressourcer et de redémarrer avec un regain d’énergie. Mais reprendre son travail « comme avant » lorsque tous les indicateurs de l’épuisement étaient déjà allumés, est une erreur à éviter.

Voici quelques conseils pour pouvoir agir dans une démarche volontaire et réaliste :

Les sources de stress sont multiples : sachez les identifier

Nous réagissons à notre environnement selon nos propres filtres, notre tempérament, notre personnalité. Nos croyances, nos certitudes mais aussi nos craintes nous font interpréter les évènements que nous vivons d’une manière qui nous est propre. Les indicateurs physiologiques du stress se manifestent alors : boule au ventre, tensions dans la nuque et dans le dos, irritabilité, difficultés à respirer, troubles du sommeil qui s’installent.

La première chose à faire est de trouver l’origine de ce stress : les stresseurs au travail appelés également facteurs de stress peuvent être multiples. On peut toutefois les distinguer en deux catégories selon leur source. On trouve :

  • Des sources de stress externes : pression, rythme de travail sont les plus courants. Mais également les nombreuses interruptions et sollicitations qui vous empêchent de vous concentrer et réduisent à néant votre sentiment d’efficacité. On trouve aussi des tensions relationnelles, une mauvaise ambiance, voire des conflits. Egalement des changements récurrents, une désorganisation dans le service….
  • Des sources de stress internes, c’est à dire qui proviennent de notre univers psychique, mental : toutes sortes de pensées qui vont agir sur vous comme un frein à l’action : « je n’y arriverai pas » ; « qu’est-ce qui va encore me tomber dessus aujourd’hui » : « pourvu que je termine à temps ce dossier sinon… » ; « il faut absolument faire vite » ; « ça va être l’enfer » ; « encore une réunion qui ne sert à rien… »

Si à cela vous ajoutez une faible dose de confiance en soi, et qu’en plus vous cumulez les deux types de stresseurs, le cocktail est prêt à exploser !

Que faut-il faire alors? Reprendre depuis le début et analyser des situations concrètes.

Revisitez les situations les plus stressantes au travail

En opérant une relecture des situations, échanges, évènements, actes manqués, malentendus , petits irritants et grandes contrariétés, vous parviendrez à faire un travail de mise à distance pour mieux comprendre et donc analyser ce qui vous arrive et finit par vous peser au quotidien.

Sachez donc gagner en clarté! Car dans bien des cas le rythme de travail et les défis quotidiens brouillent notre perception et nous tombons dans des pièges cognitifs classiques « ça va aller » « il faut que ça tienne » « ils comptent sur moi, je ne peux pas les lâcher » et j’en passe. Je rencontre régulièrement des personnes qui se tiennent ce type de discours.

Ce qui mène à des problèmes de santé… pouvant aller jusqu’au burnout.

Mesurez l’impact du stress sur votre santé

Hans Selye, endocrinologue hongrois, met en évidence le Syndrome Général d’Adaptation au début du XX ème siècle. Il y décrit les réactions à court et à long-terme de notre corps face au stress. Il a mis en évidence les processus qui, dans la durée, peuvent mettre à mal nos limites mentales et physiques. Car les hormones sécrétées lors des trois phases du stress ont un réel impact sur notre corps, loin d’être anodin pour notre santé.

  • un stress aigu car intense, de courte durée entraînera une réponse immédiate mobilisant notre énergie au cours d’une première phase dite phase d’alarme. C’est l’Adrénaline qui va nous préparer à la fuite ou au combat en amenant davantage d’oxygène aux organes pour nous préparer à agir rapidement et ainsi nous protéger. Car s’il est bien une fonction première de notre cerveau c’est celle d’assurer notre survie avant le reste! Il serait donc injuste de dénigrer le stress, qui assure notre survie ! Mais tout est question de durée…
  • un stress chronique ainsi appelé car s’installant dans la durée, celui que l’on connait le plus souvent…. au travail! Les sources de stress sont toujours présentes alors notre organisme comprend qu’il faut tenir dans la durée. C’est ce que Selye nommait la phase de résistance, augmentant, via la libération de cortisol dans notre organisme, le taux de sucre dans le sang, source d’énergie nécessaire pour réussir à faire face dans le temps.

Acceptez vos limites

Si l’on ne fait rien pour apporter un changement à quelque niveau que ce soit, personnel, relationnel, organisationnel, émotionnel, … si l’on n’agit pas sur une ou plusieurs de ces sources de stress, on entre alors dans ce que nous connaissons maintenant sous le terme de burnout. Cet épuisement (professionnel mais il peut-être aussi familial, parental…) apparaît lorsque nos ressources sont taries.

C’est la troisième phase du Syndrome Général d’Adaptation. Certains d’entre vous le connaissent pour l’avoir sans doute déjà vécu dans toute son intensité. Lorsqu’on écoute les personnes qui en arrivent à ce stade, il semble clair que le burnout laisse des marques, des blessures à la fois physiques et psychiques. Qu’il s’agisse de pathologies qui s’installent, d’une confiance en soi fragilisée qui est à reconstruire, d’une vision de l’avenir faite de perspectives plutôt sombres… les témoignages sont nombreux et attestent de cet ébranlement, d’une perte de repères, d’une perte de soi :

« Je ne me reconnaissais pas, je n’étais pas moi-même » ; « Je me sentais impuissant, je ne savais pas quoi faire » ; « Je n’étais plus rien » ; « Si j’avais su avant, j’aurai fait quelque chose »

Les représentations liées au monde du travail ont évolué en quelques siècles.

D’un travail perçu avant tout comme utilitaire, remplissant les poches et les marmites, nourrissant des familles, nous sommes passés à une représentation liée à l’épanouissement personnel : nous attendons aujourd’hui de notre vie professionnelle qu’elle donne un sens à notre vie, nous permette de nous accomplir en tant qu’humain et citoyen, de nous réaliser. Notre travail nous confère une identité sociale, un rôle dans la société. Nous y associons également notre propre valeur personnelle, parfois même il devient pour certains une raison de vivre, le seul objet d’investissement.

Vous l’aurez compris, lorsque ce travail ne remplit pas les conditions de cet épanouissement, qu’il devient source de nombreuses frustrations, cause de mal-être voire de souffrances, la chute est rude….c’est pourquoi il faut agir.

Agissez… à temps!

Il est question de sortir d’une situation d’impuissance dans laquelle vous vous trouvez peut-être aujourd’hui, pour aller vers un mieux être au travail, une qualité de vie, un équilibre à la fois physique et psychologique en mobilisant des énergies individuelles et collectives.

Concrètement, cela peut prendre diverses formes :

  • S’attaquer aux sources du stress en les ayant identifié au préalable ;
  • Agir sur les symptômes du stress, ses manifestations corporelles par de multiples des techniques (méditation, relaxation, sophrologie, yoga…) ;
  • Alerter votre organisation sur votre situation en mettant l’accent sur les facteurs de risques psychosociaux qui pèsent sur votre quotidien : gardez à l’esprit que votre employeur a l’obligation d’assurer votre santé et votre sécurité physique et psychologique (article L. 4121-1 du Code du travail). Il lui revient d’évaluer ces risques, et de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salariés. Je vous invite à explorer le site de l’Institut National de Santé et de Sécurité au Travail très riche d’informations INRS ;
  • Faire le point sur ce qui est de l’ordre de l’acceptable ou pas, de vos priorités, de vos valeurs primordiales ;
  • Apprendre à prendre du recul sur certaines situations, seul ou à travers un accompagnement qui vous amène vers une réelle autonomie, car mieux outillé pour avancer et vous adapter aux diverses situations de la vie.

J’espère vous avoir alerté sur la nécessité de prendre au sérieux les stress et ses premières manifestations avant que son impact ne soit délétère. N’attendez pas d’atteindre des limites qui ébranlent votre corps, votre esprit, votre confiance et la qualité de vos relations familiales.

Prenez soin de vous en commençant par faire le point de votre niveau de stress, de ses sources et ses impacts pour reprendre les rênes de votre vie.

Réussir vos prises de parole en 6 points

Comment se fait-il que telle personne possède ce petit quelque chose que l’on nomme éloquence et que d’autres n’ont pas ? Pour quelle raison, lorsque votre collègue de travail prend la parole en réunion, l’ensemble de l’auditoire est attentif et que cela n’est pas forcément le cas pour vous ? Est-ce juste une question de charisme ? Dans quelle mesure l’intelligence compte dans une prise de parole réussie ? Faut-il avoir du pouvoir pour être entendu ? Qu’est-ce qui distingue un discours plat d’un discours mobilisateur qui emporte les personnes présentes ?

Ce sont là des questions que tout un chacun se pose à l’occasion de prises de paroles impactantes ou bien qui, au contraire, manquent totalement leur cible. Parfois l’on se dit quel dommage ! Le contenu de la présentation était intéressant mais desservi par un ton monocorde, un manque d’entrain, un dos tourné et un doigt pointé vers un support visuel truffé de texte alors que notre cerveau déteste ça à l’oral !

Pour en finir avec les idées reçues et aller à l’essentiel, je vous propose de partager 6 conseils qui me semblent incontournables pour préparer une prise de parole réussie.

1- Votre parole doit servir une intention

Quoi de pire que de parler pour ne rien dire ! On de démasquer une personne qui adore s’écouter parler ?

Nous avons tous entendu des discours ou des présentations emplis de mots creux, avec, au bout de longues minutes à tenter des rester concentrés, la sensation de ne rien avoir retenu du message !

La première question à vous poser et à laquelle doit être capable de répondre la personne qui vous écoute est :

Quelle est donc l’intention derrière le discours ?

S’agit-il de :

  • transmettre des informations -> informer ?
  • les rendre accessibles à son auditoire -> expliquer ?
  • faire adhérer à une cause -> mobiliser ?
  • remonter le moral de vos collaborateurs -> motiver ?

Je vous invite à faire cet exercice avec le discours du jeune Clément Choisne à la remise des diplômes à l’École Centrale de Nantes.

La parole est toujours au service d’une intention, qu’il s’agisse d’une cause ou bien d’une personne que l’on va défendre. Quelque soit le cas de figure, elle se doit de répondre à un objectif.

Avant de vous lancer dans la « rédaction » votre pitch, de votre présentation, posez-vous donc la question : pourquoi je parle ? Cela peut paraître simpliste mais va vous aider à construire le fil rouge de votre message. C’est ce fil rouge qui vous permet de ne pas perdre le fil justement, et de ne pas perdre non plus votre auditoire.

2- Votre parole doit être attentive à l’autre

Les études le montrent, nous décrochons tous au bout de 10 minutes. Il est question d’attention de l’auditoire, à avoir de sa capacité de celui-ci à rester concentré, à écouter pleinement ce que vous dites.

Il est également question d’attention que vous allez porter aux personnes en présence, et ce à double titre :

  • Qui sont les personnes composant mon auditoire ?
  • Quel intérêt je leur porte ?
  • Comment je vais m’y adapter ?

Pour répondre à la première question, le travail se fait en amont, à savoir avant la phase de présentation à proprement parler. Dans la mesure du possible vous répondrez le plus précisément à la question : à qui je m’adresse ? Car c’est bien un exercice de communication donc qui implique un destinataire. Pour cela, vous récolterez des informations précieuses : leur niveau de connaissance du sujet que vous allez traiter, leur degré de résistance, les éventuels freins qui pourraient se manifester le jour J, les doutes, les questions qu’ils se pourraient se et vous poser…

Bien connaître votre auditoire, c’est vous assurer une qualité d’écoute par la justesse de votre message, car il aura plus certainement atteint sa cible.

Pour répondre à la seconde question, celle de l’intérêt, cela peut sembler anodin, voire futile, mais il n’est pas de prise de parole réussie sans réelle connexion avec son auditoire. Il s’agit de créer un lien quel qu’il soit, quelque chose que vous allez partager avec lui. Cela peut se situer au niveau des valeurs, du domaine d’expertise, mais aussi des émotions. Je démarre très souvent mes formations et coachings d’équipe en disant que je suis ravie d’être là ce jour-là, avec ces personnes-là… d’abord parce que cela est vrai, ensuite parce que cela a du sens pour moi et enfin parce que cela confère une belle intensité à mon travail auprès des personnes que j’accompagne.

Enfin, pour répondre à la troisième question, la beauté de l’exercice consiste à se voir et à s’écouter parler (dans le bon sens du terme), tout en observant votre public qui vous fournit une mine d’informations visuelles sur ses émotions qui le traversent : l’intérêt, l’ennui, la gêne, la surprise, le plaisir… sur lesquels vous pourrez vous appuyer.

3- Votre parole doit être authentique

Les professionnels et formateurs en techniques de communication le savent bien, il est question ici de ce que l’on nomme la congruence, à savoir l’alignement, la cohérence entre ce que vous dites, ce que vous pensez et ce que vous ressentez.  Notre capacité sensorielle et cognitive à appréhender puis à traiter les informations de notre environnement nous éclairent sur l’efficacité d’un prise de parole :  de la même manière que notre cerveau n’admet pas la négation (essayez donc de ne pas penser à un chat noir là tout de suite), de la même manière le visuel passe avant le reste, à savoir qu’il va d’abord croire ce qu’il voit avant de croire ce qu’il entend. Pour exemple, vous n’accorderez pas votre crédit à une personne se disant très à l’aise en public et présentant dans le même temps des manifestations qui disent le contraire : tremblements, transpirations, rougeur ; ni à une gestuelle en contradiction avec les propos : vous dire « nous avons un petit problème » en écartant largement les bras ; ni à un « je vous écoute » tout en tapotant sur son écran de téléphone ou sur son clavier d’ordinateur… Les exemples sont nombreux.

La congruence est naturelle lorsque le propos vient du cœur, des tripes, bref de ce qui vous porte, vous anime. Découvrez Luma Mufleh lors de sa prise de parole sur TED, est à ce titre un bel exemple d’intention servie par un langage corporel totalement en accord.

4- Votre parole doit être construite

Selon Aristote, philosophe Grec et maître incontesté de la rhétorique antique, il est important d’être clair avant d’être compris, d’avancer des arguments qui auront du poids dans l’esprit des personnes. Certes, un vocabulaire explicite, accessible à votre auditoire, et des phrases courtes participent de la clarté de votre parole. Mais c’est la construction de votre message, le logos (« parole » en grec mais aussi logique) qui apporte au discours sa force de conviction. Cette logique repose sur des faits, des chiffres, des exemples qui confèrent de la puissance aux arguments avancés.

Parce que de notre esprit filtre les informations entendues selon nos intérêts, nos cadres de références, nos valeurs, il est primordial de s’appuyer sur les idées phares du message entendu. Il s’agira de les agencer savamment afin de donner l’impression que cela coule de source, ce qui apporte clarté voire limpidité à votre parole.

«  La première qualité du style c’est la clarté »

Aristote

Comment savoir si votre message a été clair ? Posez-vous la question suivante : mon mon auditoire est-il capable de restituer les trois idées principales de mon message à l’issue de ma présentation ?

Il ne s’agit pas tant de demander s’il l’on a été compris, mais plutôt, de s’interroger sur sur ce que les autres ont pu retenir de votre présentation.

En apprenant à analyser les discours des bons orateurs, vous saurez construire l’ossature de vos prises de parole et atteindre l’esprit de vos interlocuteurs. Prenez le temps d’observer la construction du Discours sur la misère d’un grand orateur, Victor Hugo, prononcé à l’Assemblée le 9 juillet 1849

5- Votre parole doit être une respiration

La voix est portée par notre souffle de vie. C’est par l’air que les sons arrivent aux oreilles de nos auditeurs. Sans doute avez-vous déjà remarqué que lorsque vous êtes stressé, vous manquez d’air… votre présentation se déroule alors en apnée avec ce que cela peut générer d’inconfort pour vous et votre public également. Autant dire que le souffle est un élément incontournable à prendre en considération à plus d’un titre :

  • Avant de prendre la parole, il permet de se relaxer. Nous le savons, le trac est présent chez tout le monde, il s’agit de maintenir le curseur à un niveau acceptable (voir mon précédent article combattre le trac à l’oral) ;
  • Respirer amplement avec le haut du corps mais également par le ventre, libère votre cage thoracique, votre colonne d’air ;
  • il permet de porter sa voix qui va se moduler selon la taille de la salle dans laquelle vous vous trouvez, la proximité de votre auditoire afin d’être entendue par l’ensemble des personnes présentes.

Pour l’illustrer, observez Philippe Le Bouteiller 1er prix de la finale de MT180 en 2018 :  la modulation de sa voix mais également le langage de son corps rendent le message à la fois explicite et très vivant.

Pas de respiration sans ruptures de rythme, de temps de pause, ces micro silences qui, dosés à bon escient, placés au bon endroit, augmentent l’impact de votre prise de parole.

6- Votre parole doit être vivante

S’il est une différence majeure entre l’oral et l’écrit, c’est la légèreté de vos paroles…qui s’envolent !

Pour la simple et bonne raison que la capacité attentionnelle de votre auditoire est de courte durée. Toutes les dix minutes les personnes en face de vous ont des moments de décrochage, et pas toutes en même temps… mais ne désespérez pas ! Il s’agit d’interpeller, de rechercher le contact visuel, de se mouvoir, de faire des temps de pause.

La clef : créer une connexion avec le public.

Comment savoir si vous avez persuadé ? En faisant vibrer, réagir, adhérer votre auditoire. Ici les émotions ont toutes leur place et Aristote une fois de plus l’avait bien compris. Faire appel aux émotions (pathos) qu’il s’agisse de surprise, de plaisir avec un trait d’humour, de peur, de tristesse avec des paroles poignantes. Le texte du discours “Yes we can” de Barack Obama fait appel à des références propres au peuple américain mais aussi à des valeurs universelles, au-delà de toute appartenance sociale.

Avec ces quelques conseils, que votre parole soit !

Et maintenant ? Leçons post-confinement

Le management en temps de Covid 19 a révélé de nombreuses disparités dans la façon de vivre notre rapport au temps, au travail, au stress, de se découvrir plus ou moins tolérant face à l’incertitude. De la gestion de l’urgence, de l’accompagnement des hommes au jour le jour, en un mot, de l’ici et maintenant, nous glissons vers une réflexion nécessaire sur l’avenir, à la lumière des évènement passés.

Pour que cette réflexion puisse avoir lieu, individuellement et collectivement, au sein des entreprises, des collectivités, il me paraît plus que jamais primordial de se poser les bonnes questions.

Il est temps de mesurer l’impact du télétravail

De nombreux collaborateurs, collègues poursuivent en télétravail.  Si ce mode distanciel est plébiscité par la plupart des salariés (jusqu’à 80% en selon l’enquête Kantar), et présente des avantages  certains (gain de temps sur les trajets, pouvoir avancer à son propre rythme, concentration…) force est de constater qu’il comporte également des inconvénients majeurs : charge mentale plus lourde, davantage d’informations à traiter, passage par la communication écrite chronophage avec son lot d’interprétations erronées, d’aller-retours voire des tensions pouvant dégénérer en situations conflictuelles, des problématiques de « management toxique aggravé » (Le Monde du 23/05/20).

À cela s’ajoute pour certains un vrai sentiment d’isolement voire de souffrance invisible. Connaître l’impact de ce mode de travail sur ses collaborateurs est indispensable afin de pouvoir réajuster son mode de management.

Il est temps de changer de temporalité

Ces dernières semaines ont pu révéler des forces et dans le même temps souligner des difficultés dans l’accompagnement des équipes. Il n’est plus à prouver que les managers doivent redoubler de vigilance en matière de risques psychosociaux, mais s’en tenir à de la prévention ne suffit pas. Plus que jamais en pareilles circonstances, nous éprouvons un besoin de lien mais également de connaître la valeur de ce que nous produisons, à moyen, long terme (The conversation)

Le Covid 19 nous a stoppé net dans notre élan. Cette crise nous a contraint à vivre au jour le jour, avec un sentiment d’urgence qui a mobilisé toutes nos capacités d’adaptation.

Le présent, l’action ont occupé la première place. Il s’agit désormais de penser à demain. Comment?

En relisant les évènements passés et leur façon qu’ils auront eu de s’inscrire dans l’histoire et la culture de l’entreprise et en co-construisant une vision commune.

La reprise s’amorce avec ses tâtonnements et la tentation de reprendre de vieilles habitudes sans remettre en doute leur pertinence, leur efficience.Ce serait oublier la nécessaire réflexion individuelle et collective qui permet de continuer à avancer, en confiance et à se projeter dans l’avenir. Ce serait faire l’impasse sur une formidable occasion de sortir renforcé de cette navigation en eaux troubles.

Il est temps de se poser les bonnes questions

Les changements vécus ces dernières semaines ont ébranlé certaines de nos habitudes, croyances, jusque-là incontestées.

Le recul est nécessaire pour permettre une mise à plat de ce qui a fonctionné ou pas, des bonnes pratiques qui ont pu émerger et que l’on aurait envie de s’approprier à l’échelle d’un service ou de toute l’organisation, des formidables qualités et compétences qui ont pu voir le jour chez certaines personnes. Un état des lieux de ce que l’on est en tant qu’individu, collaborateur, manager, dirigeant. Des valeurs qui nous portent et du sens que l’on souhaite donner à notre action.

Il convient de se demander :

  • Quels enseignements sont à tirer des évènements passés selon vous ?
  • Votre culture d’entreprise s’en est-elle retrouvée renforcée, ou bien manque-telle cruellement pour fédérer, mobiliser, donner du sens à l’action pour la période à venir ?
  • Votre style de management s’est-il rigidifié générant des tensions, de l’anxiété une perte d’autonomie, de confiance parmi vos collaborateurs ?
  • Qu’en est-il du niveau de coopération de vos équipes en télétravail ?
  • Comment est perçu votre mode de communication ?
  • Les relations  interpersonnelles sont-elles de qualité ?
  • Êtes-vous satisfait de la façon dont sont gérés les conflits  ?
  • Vos marques de reconnaissance du travail et des efforts fournis sont-ils suffisants et bien ciblés ?
  • Comment prenez- vous soin de vous pour poursuivre votre mission dans la durée ?

Si vous vous interrogez sur ces points, sans doute il est temps pour vous  de :

Revisiter votre posture et votre pratique managériale

Capitaliser sur les réussites et épreuves surmontées individuellement et collectivement

Identifier les leviers de mobilisation de vos équipes pour maintenir leur niveau d’engagement

Clarifier collectivement les valeurs qui vous unissent et font la culture de votre organisation, à la fois référentiel commun et facteur de résilience

Faire des contraintes un gisement d’opportunités

Sachez manager contre vents et marées


Nos organisations doivent survivre, et la crise que nous traversons tous questionne notre rapport au travail.

Les managers ont un rôle essentiel à jouer vis-à-vis de leurs collaborateurs. Conscients plus que jamais d’être les garants de la santé physique et psychologique de leurs collaborateurs et des liens puissants qui existent entre bien-être, cohésion d’équipe et performance.

Managers, en ces temps troublés qui ébranlent nos habitudes et nos certitudes, c’est le moment d’exercer votre leadership et votre bienveillance. Comme évoqué par Michaëla P, rencontrée dans une de mes formations :

 « Le manager doit connaître le cap, faire profiter tout le monde du beau temps et mener l’équipage pendant la tempête »

Et la tempête, on y est…en plein dedans. Quels sont les défis à relever pour mener à bien sa mission en ces temps de crise ?

Vous naviguez en eaux troubles ?  Clarifiez

Vous avez de nombreuses incertitudes liées à l’organisation du travail, à l’état physique et psychologique de vos collaborateurs, aux modalités du déconfinement et à quoi ressemblera votre organisation, après…

Ce manque de visibilité est source de stress. Or non seulement le stress est contagieux au sein d’un groupe, mais c’est la personne au niveau de stress le plus élevé qui va impacter le niveau de stress des autres membres du groupe. Sans doute l’avez-vous déjà remarqué. Les questionnements sont de vos collaborateurs sont nombreux également :  Mon salaire est-il maintenu ? Jusqu’à quand cette organisation ? Pourquoi doit-on aller travailler sur site ? Comment va se faire le retour à l’emploi ?

C’est dire l’importance vous de baisser votre propre niveau de stress, d’avoir une communication claire et fiable. Soyez donc transparents dans les informations communiquées. À vous d’informer régulièrement des nouvelles décisions et dispositions prises, des dates importantes.

Faites preuve de pédagogie, préparez vos prises de parole pour qu’elles soient efficaces car de la clarté naît la compréhension ! Si vous n’avez pas de réponse à apporter pour le moment, soyez transparents là aussi, et donnez des indications ultérieurement.

Vous naviguez à vue ? donnez des repères !

Naviguer à vue consiste à estimer sa position sans aucun instrument qui serve de repère.

Or le travail au temps du CoVid, c’est du jamais vu. Face à une situation nouvelle, notre cerveau se réfère souvent à ce qu’il connait déjà. Mais le caractère inédit de la situation actuelle oblige notre esprit à faire preuve de créativité, d’adaptabilité, d’agilité. Notre mode de pensée devient adaptatif et non plus automatique, ce qui mobilise beaucoup d’énergie.

En tant que manager c’est VOUS le repère de l’équipe. À vous donc de donner des jalons dans le temps, dans l’organisation générale, dans les rôles de chacun, dans les outils mis à disposition et les canaux de communication à privilégier.

Incitez vos collaborateurs aussi à se créer des repères dans la journée : d’abord, en les déculpabilisant sur leur sentiment d’être moins productifs : la situation change notre rapport au temps, le lieu de travail est la maison avec tous les parasitages que cela implique sur notre attention, notre capacité de concentration, notre charge mentale.

Expliquez que des pauses sont à introduire dans la journée. Les Neurosciences nous éclairent bien sur ce point : une journée de travail non-stop est bien moins productive en termes de résultats, de qualité de travail et de sentiment de satisfaction. Or le sentiment d’être peu efficace entame notre engagement au travail, réel carburant dans la durée. Donc, micro-siestes, étirements, coups de fils à des amis, confection de gâteaux… permettent de mettre le cerveau au repos pour gagner en efficience ensuite.

Vous traversez une tempête ? rassurez et faites corps

Soyez rassurant, à l’écoute, c’est une occasion formidable, inespérée de muscler votre fibre empathique car l’intelligence émotionnelle est une compétence clef de votre leadership. Comment la pratiquer ?

D’abord en prenant la mesure de l’importance de qui nous arrive : des salariés peuvent sortir fragilisés de cette crise, voire très ébranlés. Comment alors accompagner ceux en souffrance ? Certains auront besoin d’un soutien psychologique quelque temps, peut-être avec un professionnel extérieur à l’entreprise.  Dans d’autres cas, c’est vous qui apporterez ce soutien.

Observez chez vos collaborateurs les premiers signes de risques psychosociaux tels que : irritabilité, troubles de l’humeur, anxiété, désengagement vis-à-vis de l’équipe, du travail. N’hésitez pas à solliciter des personnes pour être les « observateurs » du moral de chacun.

Le temps que vous passez à prendre soin de vos collaborateurs a toujours fait partie de vos missions de manager. Là il faut accroître sa vigilance et inscrire ce temps dans votre agenda pour des entretiens individuels réguliers.

Questionnez : Comment s’organisent-ils, quelles sont leurs difficultés, à quel point la perte de contact avec les collègues les impacte-t-elle ? Ce qui vous permettra de : mieux comprendre ce que cette situation inédite provoque chez vos collaborateurs et leur relation au travail, admettre que chacun le vit à sa manière, dans des environnements plus ou moins contraints, qu’il l’exprime avec plus ou moins de facilité, être attentif aux motivations intrinsèques qui permettront de maintenir l’engagement…

Pratiquez les techniques de reformulation très efficaces pour renforcer votre qualité d’écoute.

Misez également sur le collectif, et donc la connexion, les moments de partage qui vont au-delà du travail. Proposez des moments conviviaux, et « de détente » en commun. Ce besoin d’être en lien, d’appartenir à l’équipe est précieux pour ceux qui télétravaillent.

Faire corps, c’est valoriser la collaboration qui dépasse la coopération et mise sur l’entraide, la solidarité entre les collègues. Faire corps c’est se sentir partie intégrante d’un tout, quelque soit son niveau dans la hiérarchie.

Maintenez le cap : donnez du sens à l’action

Donner du sens à l’action est plus que jamais nécessaire.

Le besoin de sens répond à la question du pourquoi : Pourquoi il est nécessaire d’adapter les moyens de production ?  Pourquoi suis-je au travail mais pas ma collègue ?

Comme l’action collective implique le rôle de chacun, cette crise vient fragiliser notre identité professionnelle. Celle-ci est mise à mal, laissant la place à la remise en question de différents aspects de notre rapport au travail, au poste, à la fonction, à l’organisation.

Gardez le cap avec des objectifs clairs de l’organisation, du service, et du rôle de chacun. C’est interroger la qualité des relations entretenues avec les clients, l’image de l’entreprise, l’engagement des collègues. Revisitez le fondement même de votre action :  quelles valeurs vous portent ? Lesquelles souhaitez-vous renforcer avec vos équipes ?

Faites confiance en favorisant l’autonomie : accueillez en ces temps inédits les prises d’initiative, les demandes de participation, les idées innovantes liés à l’organisation, à la répartition des tâches, aménagements de l’espace en vue du retour sur le lieu de travail…autant d’occasions que vous leur offrez de prendre un peu le contrôle sur la situation.

Gardez à l’esprit que le travail va bien au-delà de la réalisation d’une tâche en vue d’une rémunération. Il répond à de nombreux besoins, variables d’une personne à l’autre, que je constate avec force lors de mes accompagnements : le besoin d’appartenance, d’être utile, de progresser, d’acquérir de nouvelles compétences, d’apprendre, de donner du sens à sa vie et j’en passe.

Amenez votre équipage à bon port

Nul ne connait la durée exacte de cette crise, ni ses impacts à moyen et long terme sur sa propre organisation.

On devine une crise économique majeure, une géométrie des priorités et des relations qui sera différente.

Pour l’heure, il s’agit d’être plus forts, plus longtemps. D’être endurants.  

Ce qui mobilise toutes nos ressources individuelles et collectives. Profitez donc d’un temps de pause pour (re)découvrir l’extraordinaire aventure que vécut Ernest Shackleton, capitaine du navire nommé Endurance ( !!). Il fut pris au piège de la banquise en 1915 avec ses 27 membres d’équipage. Cet homme réussit le tour de force de sauver ses hommes en ayant survécu dans des conditions extrêmes (-45°C), pendant plusieurs mois, et de revenir par leurs propres moyens (film de l’expédition).

Cette expérience met en lumière la nécessité de créer les conditions d’une collaboration efficace, d’avoir le courage de prendre des décisions, la force de ne jamais renoncer.

Faites preuve de reconnaissance, levier puissant de l’engagement et de la performance de vos collaborateurs :  des hommes et les femmes qui travaillent au quotidien, rendent possible un service, résolvent des problèmes, font preuve d’inventivité et de solidarité, pour transformer, ensemble, des obstacles en opportunités.

Plus que jamais, faites preuve de leadership.

Plus que jamais, faites preuve de bienveillance.

Vous avez votre boussole, vous avez le sang-froid, vous avez la confiance, vous avez la conviction, vous n’êtes pas seul….. vous arriverez à bon port.

Ce que le confinement nous révèle

Avant toute chose, rendre hommage aux personnels soignants et autres héros du quotidien qui apportent leur contribution au péril de leur vie dans cette guerre invisible.

Étrange moment où des milliards de personnes dans le monde se voient contraintes à vivre confinées pour se protéger et préserver les autres. Nous voilà forcés à l’isolement, à prendre la mesure de l’importance des liens si nombreux avec nos amis, nos collègues, nos familles….

Étrange arrêt sur image, ralentissement de notre course effrénée contre le temps que nous vivions jusque-là sans trop nous questionner. Étrange sentiment de vivre quelque chose d’exceptionnel à la fois grave et bouleversant, nous humains, si puissants, qui n’avions rien vu venir.

Mais aussi formidable occasion de retour à soi, de découverte de nous-mêmes et de ce qui fait notre humanité. Pourquoi?

Parce que cette expérience intime du confinement nous amène à interroger quatre types de rapports.

Notre rapport au temps

Ce qui survient assez rapidement, c’est une rupture dans le temps, dans le temps jusqu’ici bien réglé de nos vies. Une fois passée la panique de penser une nouvelle organisation familiale et professionnelle, gestion des plannings, continuité de service… force est de constater que notre temporalité prend une autre dimension au fil des journées passées en confinement. Pour les héros du quotidien, le temps s’accélère implacable, dans une course contre la montre pour certains. Ceux qui travaillent encore un peu, et d’autres plus du tout, ce temps s’est étiré et s’étire encore. Nos repères sont perdus…. alors nous en recréons d’autres pour occuper ce temps, rythmer nos journées en se consacrant à des activités jusque-là mises en suspens, longtemps différées. Oh surprise! le temps est suspendu… au fil d’une toile d’araignée que l’on se met à observer avec l’attention d’un enfant, et le présent joue le premier rôle. Il attend d’être cueilli, savouré, partagé. Avec ce ralentissement, surgissent des moments de contemplation, de réelle présence à l’instant, nos sens sont en éveil dans la bouleversante splendeur d’un printemps indifférent.

Notre rapport au travail

En ralentissant, le temps cède de la place à la prise de recul, à la réflexion qui s’immisce dans les anfractuosités de notre conscience, par bribes… certains mesurent la précarité de leur situation professionnelle, d’autres perçoivent avec plus d’acuité le stress qui était pourtant là. Pendant le confinement, un relâchement des tensions dans le corps, un allègement de la charge mentale..une redistribution de nos priorités du jour, de la semaine, de notre retour au travail que nous aborderons différemment, sans doute. Notre utilité dans la société, avec sa cohorte de représentations, masques, rôles à jouer est aussi fortement questionnée. D’une utilité monnayable certains expérimentent aujourd’hui avec plus de force l’utilité offerte, à travers des gestes altruistes, des services rendus à l’autre, famille, voisins, inconnus. Le tri devient alors possible entre ce qui a du sens et ce qui en a moins, notre boussole pourra, qui sait, pour ceux qui auront la chance de ce retour au travail, nous orienter différemment en termes de tâches et de relations avec ses collègues. Nous le savons déjà, y aura un avant et un après.

Notre rapport aux autres

Ce temps de confinement nous coupe physiquement de la relation à l’autre, qui occupe soudain une place particulière. Ce que nous, êtres fondamentalement sociaux prenions pour acquis, facile, allant de soi, à savoir nos multiples appartenances sociales, vient à nous manquer. Notre besoin de liens, de contacts, de se toucher se fait criant. Que dire du sentiment d’isolement des personnes confinées seules, jeunes et moins jeunes qui vivent une réelle détresse. Le virtuel, quand il est possible, viendra atténuer un peu ce manque sans le combler totalement. Si notre besoin d’indépendance est farouchement ancré en nous, nous ne pouvons nous départir complètement de notre besoin de sociabilité.

Notre rapport à soi

Cet isolement des autres peut dans le même temps rendre pesante la cohabitation sous un même toit. Parfois la mise en retrait si nécessaire pour notre bien-être psychologique est difficile voire impossible, et la coupe est pleine, tous les ingrédients sont réunis pour que le vase déborde… stress, frictions, disputes, conflits douloureux, mots ou gestes de trop. D’où l’impérieuse nécessité de se mettre en retrait pour souffler, respirer, décompresser. Avoir un moment à soi, pour soi, et pouvoir ainsi écouter de la musique, jardiner, méditer, pourquoi pas, écrire des haïkus…. sont aussi nécessaires à notre psychisme que l’oxygène à nos cellules.

Nous sommes confrontés à nous-mêmes, à un miroir qui nous renvoie à nos craintes les plus profondes, à nos besoins essentiels qu’ils soient physiologiques et psychologiques, à nos capacités à surmonter notre stress, à ne pas le communiquer à ceux que l’on aime ou que l’on encadre, à notre capacité à être nous-mêmes un soutien, un réconfort pour les autres.

Cette épreuve que nous traversons tous est celle de la gestion de l’incertitude, de l’apprentissage du présent, de la découverte de soi et de nos besoins essentiels, de la force des liens qui nous unissent.

Puissions-nous en ressortir grandis, individuellement et collectivement.

Réforme du Baccalauréat : l’oral à l’honneur, enfin!

Les contours de ce que sera le Grand Oral au Baccalauréat se dessinent. Le Bulletin Officiel de l’Éducation Nationale en date du 13/02 en dévoile les grandes lignes.

Enfin !

Enfin la prise en compte de l’oral à sa juste valeur, clef de voûte de toutes nos relations d’homo sapiens (car ce qui nous distingue en particulier des autres espèces animales, c’est la richesse de nos interactions sociales, l’usage d’un langage articulé) !

Enfin la reconnaissance d’une compétence clef, « parler en public » qui reprend ses lettres de noblesse, car jusque-là cantonnée à des formats contraints !

Enfin la considération du lycéen comme jeune adulte qui aura l’occasion de parler en son propre nom !

Comptant pour 10% de la note finale, l’introduction de cette nouvelle épreuve met donc l’accent sur votre capacité à vous exprimer clairement, à convaincre, argumenter, échanger, dialoguer, ce qui vous servira toute votre vie.

Ceci met en exergue l’importance de la compétence oratoire : votre élocution, la clarté de vos propos, votre sens de la répartie, votre capacité à défendre une idée, mais aussi la qualité de votre écoute sont les fondements même de nos relations sociales en général et professionnelles en particulier, appréciées des recruteurs, collaborateurs, managers, investisseurs….

Lycéens, à quoi ressemblera le grand Oral 2021 ?

À un face à face avec deux professeurs :

– un professeur d’une de vos spécialités ou un professeur de la spécialité de votre série pour la voie technologique

– un professeur de l’autre spécialité (ou d’un des enseignements communs, ou un professeur-documentaliste).

Après 20 minutes de préparation sur une des deux questions que vous aurez préalablement travaillées en lien avec votre spécialité, vous entrez en scène pendant 20 minutes, sans notes :

  • Debout, dans un premier temps :  c’est l’occasion de valoriser vos connaissances, expliciter le choix de votre question, montrer vos capacités à construire un argumentaire efficace ;
  • Puis s’en suivra un temps d’échange, pendant lequel vous aurez la possibilité de vous asseoir et de répondre aux questions d’approfondissement de votre question. Esprit critique, force de conviction seront les maîtres mots. Vous échangerez également sur votre projet orientation :  faites des liens entre votre sujet et votre choix d’orientation et revisitant votre cheminement et mettez en lumière vos motivations.

Soyez rassurés.

Certes , nous ne sommes pas tous égaux au moment de prendre la parole en public.  

Mais l’avantage avec l’art oratoire, c’est que cela s’apprend.

C’est en vous observant que vous constaterez vos points à améliorer et vos ressources,

C’est en vous entraînant que vous progresserez et gagnerez en assurance,

C’est en travaillant votre posture, votre respiration et votre trac que vous serez plus à l’aise et convaincant !

Le Grand Oral n’est pas à appréhender comme une épreuve, mais comme une formidable occasion de se révéler !

5 astuces pour renforcer la cohésion d’équipe

L’esprit d’équipe, ingrédient clef de la performance

« Dans notre service, il n’y pas d’esprit d’équipe, chacun travaille dans son coin » « C’est dommage, on se dit à peine bonjour » « C’est toujours la même chose, comme je travaille plus vite on me confie davantage de tâches, ce qui me va jusqu’à un certain point cela dit, mais le pire c’est que je suis mal vu de mes collègues ! »

…. extraits de ce que j’entends très régulièrement, à mon cabinet ou en entreprise.

Comment se fait-il que dans tel service, on se sente à l’aise, les collègues s’entraident et se soutiennent, travaillent dans une bonne ambiance, et que dans tel autre service, vous traversez des couloirs silencieux en sentant dans votre dos un vent …glacial ? Vous l’aurez compris, la différence c’est la présence ou non d’un esprit d’équipe.

De la même manière que pour améliorer la qualité de vie au travail il ne suffit pas de prévoir uniquement des babyfoots et autres activités festives sans savoir de quoi il retourne exactement, insuffler l’esprit d’équipe dans son service requiert que l’on comprenne en amont quels en sont les ressorts.

Une équipe est d’abord un groupe, définit au sens psychosociologique comme un ensemble d’individus en interaction. Parce qu’il y a interactions, le groupe est aussi un système, un système dynamique, organisé en fonction d’un but. (Joël de Rosnay, Le macroscope). Donc, pour qu’il y ait équipe, il faut des relations, des échanges entre les personnes et une direction donnée à l’ensemble.

Et l’esprit d’équipe alors ? On pense facilement à l’équipe sportive, aux chanteurs d’une chorale. On pense aussi attention à l’autre, soutien, entraide, solidarité, collaboration. S’il fallait trouver un synonyme à l’esprit d’équipe, j’emploierai le terme de cohésion. La cohésion est la force du lien qui existe entre les membres d’une même équipe.

Pour atteindre, renforcer cette cohésion au sein d’une équipe, de votre équipe, que vous soyez manager ou collaborateur, voici cinq pistes à travailler :

Mettez du liant dans les relations 

Des relations interpersonnelles et interservices de qualité, satisfaisantes, efficaces, requièrent des critères spécifiques en matière de qualité de communication. Celle-ci se doit :

  • être authentique, fait preuve de franchise pour éviter les non-dits délétères ;
  • être claire, tant dans les propos tenus, que dans les intentions des acteurs : Pourquoi communique-ton ? sur quoi ? avec quelle intention ? au nom de quels principes/valeurs ?
  • être bien ciblée car s’adresser au bon destinataire évite surcharge, pollution, redondances ;  
  • utiliser le canal le plus pertinent (privilégier l’oral ou bien les mails pour tel ou tel type d’information ?)
  • prendre ses précautions dans la forme utilisée, toujours dans le respect de soi et des autres ;
  • être régulière pour garder le lien et le sens de l’action, qu’elle soit informelle ou organisée par des temps programmés en individuel ou en réunion ;
  • Rester fluide, à savoir aisée mais aussi arriver à bon port, sans cloisonnements.

Faites œuvre ensemble 

Avancer ensemble suppose une direction et une mobilisation de chacun, qui suppose à son tour une connaissance des bons leviers. L’absence de direction se repère assez vite : « On ne se sait pas où l’on va » ; « Je ne comprends pas à quoi servent nos actions » ; « on nous demande de remplir des grilles, des tableaux d’indicateurs qui n’ont aucun sens et on n’a pas le temps de faire notre cœur de métier »

Une chose est certaine aujourd’hui, à l’ère de la quête de sens, du participatif, de l’agilité, le degré d’implication des collaborateurs dans les projets/ changements qui les concernent constitue un facteur clé de réussite. C’est pourquoi il devient nécessaire d’opérer des aller-retours entre la vision donnée par le projet et sa compréhension au niveau individuel. Qu’est-ce qui motive les différents membres de l’équipe, quels sont leurs principaux besoins au travail. Vous pourrez ainsi mesurer le degré d’adhésion au projet collectif et avancer réellement ensemble. Faire œuvre commune revient alors à mettre en lumière cette interdépendance entre les personnes pour que le projet aboutisse.

Ayez un référentiel commun 

Le référentiel commun c’est le socle, base sur laquelle repose l’œuvre collective. Ce sur quoi les managers, collaborateurs, dirigeants peuvent s’appuyer pour prendre des décisions, suivre une direction.

De quoi s’agit-il ? On retrouvera là les valeurs et les principes d’actions censés les appliquer/ incarner sur le terrain…dans un projet de service, une charte de l’accueil de la personne âgée ou du client. Ce qui est posé comme vrai, beau, bien, d’un point collectif qui est donné comme un idéal à atteindre, comme quelque chose à défendre. Qu’il s’agisse de tolérance, d’équité, d’engagement, de solidarité, c’est autour des valeurs que le référentiel donne du sens à l’action collective. Ici le sens ce n’est pas la direction que l’on souhaite donner à l’action, mais ce qui compte, ce qui est important, ce que l’on s’engage collectivement à respecter et qui guide le travail au quotidien. De là le succès des conférences de moines qui nous éclairent sur la notion de règle de vie commune (extrait d’une conférence animée par Dom Didier Le Gal, moine à l’abbaye de Saint Wandrille (https://www.youtube.com/watch?v=ag4LUiJSsuo)

Appuyez-vous sur les ressources existantes 

Si le moteur de l’action est la motivation, les forces positives sur lesquelles s’appuyer sont les sources d’énergie individuelles et collectives présentes dans l’équipe.

Cela passe par une relecture des réussites individuelles et collectives passées, un coup de projecteur sur ses richesses. C’est faire le point sur le niveau de compétences de chacun et son niveau d’autonomie, à savoir la capacité́ du collaborateur à faire preuve de réflexion, de discernement, à prendre des initiatives, à s’organiser par lui-même. Connait-on vraiment ses propres forces, toutes les compétences techniques, spécifiques, transversales, humaines, relationnelles qui se sont développées, renforcées au fil du temps au sein de son équipe ? C’est le moment de faire le point à ce sujet !

Assurez-vous d’un management bienveillant 

Faire équipe est intimement lié à la qualité managériale à l’œuvre au quotidien. Un responsable qui a des objectifs à atteindre, des moyens à mettre en œuvre, et doit mener une coordination efficace des actions dans les délais fixés et un budget fixé. Et cela fonctionne tellement mieux quand la qualité de vie au travail est au cœur des préoccupations du manager. La bienveillance, cette disposition d’esprit qui se traduit par une vraie attention à l’autre, une écoute, une attitude de non-jugement. Quel positionnement vis-à-vis de l’équipe et de chacun ? Avec quelle aisance relationnelle ? degré d’empathie ? Un management bienveillant repose sur la confiance, et donc la capacité à déléguer. Il s’interdit les inégalités de traitement, fait preuve de tolérance et d’équité dans la répartition des tâches. Il autorise une parole libre, l’expression et les idées de chacun, il s’assure de la bonne ambiance dans le service, du respect des valeurs partagées.  Il régule en cas de tensions car il a vite compris que la gestion de conflits fait partie de son job, et il a su acquérir les compétences nécessaires pour être le garant de cet esprit d’équipe.

Créer du « Nous », obtenir un esprit d’équipe ne s’improvise pas. Comme l’optimisme, il s’agit d’une volonté de tous et ne relève pas uniquement de la responsabilité du manager, du chef d’équipe, du directeur d’agence ou de société. Une belle cohésion au sein de son service passe par une réflexion sur les valeurs partagés, sur le sens à donner à l’action individuelle et collective. Le « Nous » s’appuie sur les qualités et richesses de chacun, et s’épanouit dans la bienveillance, à construire chaque jour.

Combattre le trac à l’oral

L’essentiel c’est d’apprendre à le maîtriser…

Vous avez prochainement une présentation à faire, un discours de remerciement, d’inauguration, de départ à la retraite, bref vous allez être celui ou celle qui prendra la parole pendant quelques minutes. Quelques minutes pendant lesquelles, vous serez le centre de l’attention. Quelques minutes qui vous paraissent déjà une éternité. Car vous n’êtes pas à l’aise avec cet exercice dont on sait qu’il peut être vite perçu comme ennuyeux.

Dans l’idéal, vous avez de l’aisance, une voix qui porte, pas de notes, un beau sourire, de la finesse d’esprit, pourquoi pas quelques traits d’humour, et vous imaginez même les applaudissements du public, les compliments à la fin sur votre éloquente prise de parole.

En réalité, vous savez d’avance que vous aurez des tremblements, des rougeurs, la gorge sèche, le cœur prêt à exploser, la peur de perdre le fil, d’avoir un trou de mémoire…. Celle de perdre l’audience, au mieux d’ennuyer, au pire de vous ridiculiser.

Comment faire pour maîtriser cette peur?

Afin de gagner en sérénité, et immanquablement de gagner en éloquence, le premier pas consiste à faire baisser le curseur du trac. Voici quelques astuces :

1/ Comprenez cette peur 

Commencez par comprendre d’où elle vient. Tout le monde a le trac, petit ou grand, lors d’une prise de parole, et ce, quel que soit votre niveau de responsabilité, ou bien l’enjeu de votre discours. Cette peur est fortement ancrée en nous tous. Pourquoi donc ? Cela est lié à nos origines. Cela vient de loin. Notre peur du jugement, du regard des autres, était déjà là il y a 2,4 millions d’années. Être mal vu par les membres de son clan pouvait mettre en péril notre propre survie. Et à cette époque, l’exclusion du groupe signait votre arrêt de mort. Comme la transpiration, la tachycardie, les tremblements, ces manifestations liées au stress sont un vestige de ces temps anciens. Or, vous en conviendrez avec moi, point de menace réelle aujourd’hui !

2/   Croyez en la bienveillance 

Facile, de se faire des films catastrophes de ce qui pourrait arriver de pire. Avez-vous testé à quel point cette peur est réelle ou non ? Relativisez les scénarios catastrophes et soyez plus réaliste. Souvent des personnes que j’accompagne mentionnent les moqueries du public en cas de bafouillage, d’hésitations, de problèmes techniques qui pourraient surgir. Cette peur est infondée. Mettez-vous à la place de l’auditoire et demandez-vous quelle serait votre réaction si cela arrivait à quelqu’un d’autre ? Vous l’aurez compris, votre public est par définition bienveillant. Cela commence par vous-même ! Acceptez d’accueillir vos difficultés c’est aussi rester humain. 

3/    Soyez préparé 

On ne le dira jamais assez, une bonne préparation en amont, reposant sur le message, les idées, leur enchaînement, fait baisser considérablement le niveau de stress. L’improvisation pourra s’y inviter selon votre inspiration du moment. Se préparer, c’est certes travailler le message et le langage du corps, mais aussi tous les aspects techniques, opérationnels de la prise de parole. (taille et disposition de la salle, fonctionnement du micro, du vidéoprojecteur). Se préparer, c’est s’entraîner, se filmer pour se voir à l’œuvre et pouvoir repérer les points forts et ceux à améliorer. Maîtriser son trac, c’est maîtriser son sujet.

4/    Oubliez le nombre 

À l’aise devant une poignée de personnes, stressé devant un grand nombre ? Pour certains cela peut être l’inverse, croyez-moi. Dans les deux cas, restez concentré sur le message, sur la raison de votre présence ce jour-là devant ces personnes-là à ce moment-là, à cet endroit-là. Passez en mode « miope » sans fixer personne, en balayant votre auditoire du regard, ou bien, si cela vous aide davantage, fixez une ou deux personnes que vous connaissez, ou qui vous semblent sympathiques. Le nombre ne fait pas la différence. Ce qui fait la différence, c’est d’arriver à créer un lien avec votre public.

5/     Créez le lien 

Être présent, ici et maintenant, en contact avec le public, être attentif à son attention, sa qualité d’écoute, aux expressions, et réajuster si nécessaire. J’ai assisté il y a peu à un discours d’un homme public à la fin d’une journée de réflexion collective. Le public était nombreux, les personnes fatiguées mais ravies d’avoir pu mener une réflexion ensemble, poser des questions à des experts, échanger, travailler en petits groupes. Le discours de cet homme était certes préparé, construit. On pouvait dire qu’il était rompu à l’exercice mais…. Son discours aurait également pu être prononcé autre part, dans un ailleurs sans aucun lien avec ce qui s’était joué dans la journée, dans l’ici et le maintenant de cette journée-là. Ses paroles tombèrent alors dans le travers d’un langage maniant belles phrases, beaux concepts, mais pas de lien. Au bout de dix minutes, il nous avait perdus. Votre prise de parole doit être un message à délivrer à des personnes dont vous vous devez de connaître les attentes, le niveau de connaissances, les éventuelles résistances, les interrogations par rapport à votre sujet. Créer le lien, c’est avant toute chose bien connaître son auditoire.

6/    Soyez vrai 

Là on a à affaire au registre de l’invisible. De l’invisible mais ô combien palpable qui est l’authenticité. Oui, cette cohérence entre ce que vous voulez dire et ce que vous êtes. Si vous êtes connecté à ce que vous avez à dire, vous allez expérimenter la magie qui s’opère en qualité d’écoute de votre auditoire. Pourquoi parlez-vous ? Quelle est votre intention ? Gardez cela à l’esprit au moment de démarrer. C’est puissant, cela efface toute crainte car on y met du sens. Manière efficace de toucher au cœur de votre auditoire. Prendre la parole, c’est parler de soi.

7/     Respirez !

De nombreux avantages ici à respirer avant, pendant et forcément après, lorsque vous soufflerez de soulagement ! En vous tenant bien droit, vous libérez votre colonne d’air, oxygénez votre corps et surtout votre cerveau qui gagne en vigilance et performance, votre voix, portée par votre souffle, se fait entendre, vous vous détendez. Plusieurs trucs là aussi : vous pouvez pratiquer des exercices de cohérence cardiaque qui, par la respiration, en régulant la fréquence de votre cœur, libèrent dopamine et sérotonine. Ces hormones permettent d’obtenir les effets inverses du stress. Vous sentirez une détente rapide. À pratiquer, plutôt assis, les pieds au sol bien à plat. Cinq minutes trois fois par jour pour en prolonger les effets bénéfiques. Et bien entendu à refaire un peu avant votre prise de parole ! (Applications Respirelax/ CardioZen…). Les exercices de médiation sont également efficaces pour bien maîtriser son trac.

Être éloquent c’est avant tout être capable de maîtriser le trac de l’oral pour en faire un levier de performance.

Passé ce premier pas, que vous prépariez une présentation, un discours, un oral d’appel d’offres, seul ou à plusieurs, votre parole reste à construire! 


Intelligence collective, les ingrédients

Je souhaite témoigner d’une expérience vécue auprès de managers à l’occasion d’une formation – action que j’ai eu la joie d’animer sur le management bienveillant.

Quatre jours de travail intense, d’échanges et de réflexion qui ont abouti à l’élaboration d’un document de référence portant les fondements d’une action collective porteuse de sens.

Une belle illustration de ce que l’on nomme l’intelligence collective, que l’on peut définir comme la capacité d’un groupe à travailler en collaboration de manière productive vers un but commun. Le fonctionnement en équipe est propice à la créativité et l’engagement des individus. Cette intelligence dépasse la somme des intelligences individuelles car elle repose sur le système que constitue le groupe. À savoir un ensemble d’interactions, d’échanges entre les éléments qui le composent.

MACK (2004) : C‘est une capacité qui, par la combinaison et la mise en interaction de connaissances, idées, opinions, questionnements, doutes …de plusieurs personnes, génère de la valeur (ou une performance ou un résultat) supérieure à ce qui serait obtenu par la simple addition des contributions (connaissances, idées, etc.) de chaque individu.

Un projet, des valeurs communes

Des responsables de service tous réunis autour d’un projet commun, partageant des valeurs qui serviront de guide à leur action au quotidien. Tous mus par une volonté farouche d’incarner au quotidien la bienveillance auprès de leurs collaborateurs, dans un contexte marqué par de nombreuses contraintes.

Des hommes, des femmes, dans leur singularité, avec des personnalités diverses, des histoires uniques, de longues années ou bien juste quelques mois d’expérience dans le management. Ils ne se sont pas choisi, et pourtant tous vont, en l’espace de quelques heures, produire ensemble une oeuvre collective qu’ils sauront incarner au quotidien.

Des personnes encadrant des équipes dans des bureaux, sur le terrain, de taille et d’organisations diverses, travaillant au contact de publics variés, qui décident de ne faire qu’un le temps de cette maïeutique autour de la bienveillance. 

Une action qui mènera à une décision collective, qui non seulement permet de mener une réflexion à plusieurs mais également structure l’action commune autour d’un objectif qui a du sens.

Des questionnements individuels et collectifs

Pour porter un tel projet il s’agissait de répondre très concrètement à de nombreuses interrogations qui ont émergé tout au long de ce travail collectif :  

  • Comment aller au-delà de la simple déclaration d’intention ?
  • Comment faire vivre ces ingrédients précieux comme la qualité de vie au travail, la motivation, l’écoute réelle, la reconnaissance ?
  • Comment se reconnaître dans des valeurs que l’on souhaite partager ?
  • Comment se mettre d’accord sur le sens des mots, et celui d’une éthique que l’on décide de mettre en pratique à l’intention d’un collectif plus large, au service d’une communauté humaine ?
  • Comment porter, transmettre et partager cette urgence à la bienveillance par ces temps d’incertitude, de complexité, de contraintes et de restrictions ?

On retrouve là une des composantes majeures de l’intelligence collective : la réflexion, l’élaboration d’une pensée commune à partir des apports de chacun dans le groupe. Car il s’agit s’entendre sur un même concept, la bienveillance, et de la rendre opérationnelle dans le management et les relations de travail au quotidien.

Une ouverture à la différence et à la richesse de l’autre

Réussir à répondre à ces interrogations et aboutir à une charte de la bienveillance au travail a été rendue possible grâce à plusieurs facteurs :

  • l’accueil de la différence de pensée de chacun,
  • la confiance pleine et réelle en ce qui va advenir,
  • la confiance en l’autre et en ces capacités à nous améliorer,
  • l’énergie que seule la dynamique de groupe peut décupler,
  • le choix de l’optimisme et de la foi dans la démarche. je citerai le philosophe, journaliste, essayiste Emile -Auguste Chartier dit Alain : « le pessimisme est d’humeur, l’optimisme de volonté ».

Je rajouterai pour ma part que la bienveillance ne se décrète pas, elle est aussi un acte de volonté.

Des émotions partagées

La vie d’un groupe est traversée d’émotions diverses. Durant ces journées intenses, ce furent des moments de partage, mais aussi des doutes, la surprise de constater à quel point c’est facile par moments, la joie aussi qui vient détendre l’ambiance studieuse et fait oublier la fatigue ; Ce fut la fierté du travail accompli, l’aboutissement d’une élaboration intense et riche ; Ce fut enfin l’expression la gratitude envers chacun pour sa contribution à l’objectif commun.

Point d’intelligence collective sans la collaboration, l’entraide, ce socle qu’est la confiance les uns dans les autres, où chacun, dans sa mesure, avec sa singularité, évolue en autonomie.

Comme nous le rappelle très souvent Thomas d’Ansembourg à travers ses ouvrages et conférences, qu’importe ce que l’on fait, pourvu qu’il y ait de la qualité d’être ensemble… Lors de cette formation, cela a été palpable.

On pouvait rajouter à cette qualité d’être ensemble, l’efficience, mesurable à la qualité de production d’une oeuvre collective, riche de sens, qui ne demande qu’à essaimer et à s’exprimer à travers chacun de nos actes sur nos lieux de travail, quels qu’ils soient.

C’est ce que l’on nomme la magie d’exister, ensemble.

Réussir ses entretiens d’évaluation

Adaptez-vous à la singularité de chacun

Dans mon précédent post, je mettais l’accent sur l’importance des soft-skills à l’embauche et au long cours dans les organisations. Des qualités que vous recherchez chez autrui afin de travailler ensemble dans les meilleures conditions possibles.

Aujourd’hui je m’adresse aux managers et chefs de service qui disposent d’un outil formidable souvent utilisé en deçà de ses capacités : l’entretien individuel.

Qu’il soit annuel, professionnel ou d’évaluation, il est précieux pour vous aider à mieux manager vos collaborateurs et le conduire avec professionnalisme augmente son impact à plusieurs niveaux.

Je vous propose de faire le point ensemble avec ces quelques pistes de réflexion pour vous aider à mener vos entretiens de manière efficace :

1) Jouez la symétrie

Pendant l’entretien se joue d’emblée une relation asymétrique où le mot évaluation est lourd de sens et générateur de stress pour votre collaborateur. L’enjeu est de taille pour que vous puissiez tirer le meilleur parti de cet échange en tête à tête. Vous l’aurez compris, créer les conditions d’une écoute et d’un cadre bienveillant sont incontournables pour la poursuite de l’échange, afin de mettre à l’aise et en confiance votre interlocuteur. Lorsqu’il est mené dans une attitude ouverte, empathique étayée de techniques maîtrisées en communication, vous créez un espace-temps propice à une parole sincère, authentique qui dépasse le simple remplissage de la grille de compétences.

2) Pensez bien-être + engagement = performance

L’entretien individuel relève de la simple formalité pour certains managers qui y consacrent peu de temps, générant au passage et sans le savoir non-dits et/ou frustrations. Or, ce moment précis en tête à tête vous permet de mesurer le bien-être au travail de vos collaborateurs. Soit dit en passant, souhaitons que vous le mesuriez plusieurs fois dans l’année ! Outre les entretiens informels, à certaines occasions, à quel autre moment appréhendez-vous la manière dont se sent votre collaborateur à son poste, dans son service, auprès du reste de son équipe ? Il s’agit donc d’une occasion de faire le point sur sa qualité de vie au travail : relation au contenu même et à l’organisation de son travail, relation aux collègues, mais également au manager que vous êtes !

3) Soyez attentifs aux attentes

Quoi de mieux que ce temps pour s’ajuster sur les attentes de chacun ? Car oui, il s’agit bien des attentes qui sont dans la définition même du « rôle » en Psychologie sociale : l’ensemble des attitudes et des comportements que vous attendez de l’autre en fonction de sa place dans l’organisation. Jusque-là c’est sans surprise pour ce qui est de vos attentes.  Mais il s’agit de l’inverse également : y aviez-vous déjà pensé ? et si oui, demandez-vous clairement à vos collaborateurs ce qu’ils attendent de vous en tant que manager ?

Tenir compte de la richesse de chacun pour mieux vous y adapter

4) Misez sur la singularité

C’est l’occasion de mieux connaître votre collaborateur, son besoin d’autonomie, de variété, de lien, d’appartenance….  Ainsi vous pourrez mieux vous adapter à sa façon de comprendre, d’appréhender son travail, d’entrer en relation avec les autres, de communiquer au quotidien. Vous saurez également comment valoriser pleinement son potentiel, savoir le recadrer de manière appropriée, le motiver voir le remotiver, connaître ses difficultés, ses freins, savoir ce qui le pousse ou non à coopérer avec ses collègues.

Un beau moyen de révéler le potentiel de chacun

L’entretien annuel constitue un réel outil de management, un levier incontournable de l’engagement de vos collaborateurs.

Il permet de valider, d’encourager une montée en compétences observables, mesurables relevant de la sphère professionnelle à proprement parler.

Mais aussi de s’ajuster aux attentes de chacun, de mesurer le bien-être de votre collaborateur pour mieux adapter votre type de management.

Il est possible, au moyen de formations sur mesure et de coachings de managers, d’accroître l’efficacité de cet outil pour en  faire un véritable levier de performance et de motivation, qui réponde à vos problématiques concrètes.