Intelligence collective, les ingrédients

Je souhaite témoigner d’une expérience vécue auprès de managers à l’occasion d’une formation – action que j’ai eu la joie d’animer sur le management bienveillant.

Quatre jours de travail intense, d’échanges et de réflexion qui ont abouti à l’élaboration d’un document de référence portant les fondements d’une action collective porteuse de sens.

Une belle illustration de ce que l’on nomme l’intelligence collective, que l’on peut définir comme la capacité d’un groupe à travailler en collaboration de manière productive vers un but commun. Le fonctionnement en équipe est propice à la créativité et l’engagement des individus. Cette intelligence dépasse la somme des intelligences individuelles car elle repose sur le système que constitue le groupe. À savoir un ensemble d’interactions, d’échanges entre les éléments qui le composent.

MACK (2004) : C‘est une capacité qui, par la combinaison et la mise en interaction de connaissances, idées, opinions, questionnements, doutes …de plusieurs personnes, génère de la valeur (ou une performance ou un résultat) supérieure à ce qui serait obtenu par la simple addition des contributions (connaissances, idées, etc.) de chaque individu.

Un projet, des valeurs communes

Des responsables de service tous réunis autour d’un projet commun, partageant des valeurs qui serviront de guide à leur action au quotidien. Tous mus par une volonté farouche d’incarner au quotidien la bienveillance auprès de leurs collaborateurs, dans un contexte marqué par de nombreuses contraintes.

Des hommes, des femmes, dans leur singularité, avec des personnalités diverses, des histoires uniques, de longues années ou bien juste quelques mois d’expérience dans le management. Ils ne se sont pas choisi, et pourtant tous vont, en l’espace de quelques heures, produire ensemble une oeuvre collective qu’ils sauront incarner au quotidien.

Des personnes encadrant des équipes dans des bureaux, sur le terrain, de taille et d’organisations diverses, travaillant au contact de publics variés, qui décident de ne faire qu’un le temps de cette maïeutique autour de la bienveillance. 

Une action qui mènera à une décision collective, qui non seulement permet de mener une réflexion à plusieurs mais également structure l’action commune autour d’un objectif qui a du sens.

Des questionnements individuels et collectifs

Pour porter un tel projet il s’agissait de répondre très concrètement à de nombreuses interrogations qui ont émergé tout au long de ce travail collectif :  

  • Comment aller au-delà de la simple déclaration d’intention ?
  • Comment faire vivre ces ingrédients précieux comme la qualité de vie au travail, la motivation, l’écoute réelle, la reconnaissance ?
  • Comment se reconnaître dans des valeurs que l’on souhaite partager ?
  • Comment se mettre d’accord sur le sens des mots, et celui d’une éthique que l’on décide de mettre en pratique à l’intention d’un collectif plus large, au service d’une communauté humaine ?
  • Comment porter, transmettre et partager cette urgence à la bienveillance par ces temps d’incertitude, de complexité, de contraintes et de restrictions ?

On retrouve là une des composantes majeures de l’intelligence collective : la réflexion, l’élaboration d’une pensée commune à partir des apports de chacun dans le groupe. Car il s’agit s’entendre sur un même concept, la bienveillance, et de la rendre opérationnelle dans le management et les relations de travail au quotidien.

Une ouverture à la différence et à la richesse de l’autre

Réussir à répondre à ces interrogations et aboutir à une charte de la bienveillance au travail a été rendue possible grâce à plusieurs facteurs :

  • l’accueil de la différence de pensée de chacun,
  • la confiance pleine et réelle en ce qui va advenir,
  • la confiance en l’autre et en ces capacités à nous améliorer,
  • l’énergie que seule la dynamique de groupe peut décupler,
  • le choix de l’optimisme et de la foi dans la démarche. je citerai le philosophe, journaliste, essayiste Emile -Auguste Chartier dit Alain : « le pessimisme est d’humeur, l’optimisme de volonté ».

Je rajouterai pour ma part que la bienveillance ne se décrète pas, elle est aussi un acte de volonté.

Des émotions partagées

La vie d’un groupe est traversée d’émotions diverses. Durant ces journées intenses, ce furent des moments de partage, mais aussi des doutes, la surprise de constater à quel point c’est facile par moments, la joie aussi qui vient détendre l’ambiance studieuse et fait oublier la fatigue ; Ce fut la fierté du travail accompli, l’aboutissement d’une élaboration intense et riche ; Ce fut enfin l’expression la gratitude envers chacun pour sa contribution à l’objectif commun.

Point d’intelligence collective sans la collaboration, l’entraide, ce socle qu’est la confiance les uns dans les autres, où chacun, dans sa mesure, avec sa singularité, évolue en autonomie.

Comme nous le rappelle très souvent Thomas d’Ansembourg à travers ses ouvrages et conférences, qu’importe ce que l’on fait, pourvu qu’il y ait de la qualité d’être ensemble… Lors de cette formation, cela a été palpable.

On pouvait rajouter à cette qualité d’être ensemble, l’efficience, mesurable à la qualité de production d’une oeuvre collective, riche de sens, qui ne demande qu’à essaimer et à s’exprimer à travers chacun de nos actes sur nos lieux de travail, quels qu’ils soient.

C’est ce que l’on nomme la magie d’exister, ensemble.

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